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ESSAI

HISTORIQUE, GÉOGRAPHIQUE ET POLITIQUE

SUR L'INDOUSTAN,

AVEC LE

TABLEAU DE SON COMMERCE-

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ESSAI

HISTORIQUE, GÉOGRAPHIQUE ET POLITIQUE

SUR L'INDOUSTAN,

AVEC LE

TABLEAU DE SON COMMERCÉ;

Ce dernier pris dans une année moyenne » depuis 1702 jusqu'en 1770 , époque de la suppression du privilège de Tancienne Compagnie des Indes Orientales.

P A R M'. LEGOUX DE FLAIX ,

Ancien Officier da Génie » de la Société Asiatique de Colcota , et de plusiiears antres Sociétés Littéraires et Savantes.

Avec Carte et \^ Planches. TOME PREMIER.

A PARIS,

Che2 PouoiN, Libraire, rue Saint- Aiidré-des-ArtSyN^ 39.

1807.

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A. S. A. S. Prince de Neùchâtel , Vice-Connétable de l'Empire.

Monseigneur,

Permettezrmoi de vous faire hommage Sun écrit dans lequel f essaie de traiter, de la Géoffràphie' de VIndoustan et

c?e| p^^rU TtMeffj^iék ,éovt Cbné,

merce.

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Cette belle régiondeV Asie ysi opulente par ses productions et par son industrie, sur laquelle toutes les Puissances de V Europe paraissent Jixer maintenant leurs regards, ne nous est encore quim- paijaitement connue.

Cependant, ce ri est quà la seule pos-- session de quelques-unes de ses indus-^ trieuses provinces , que la Grande-Bre^ tagne a soumises, à fies lois, que cette Puissance doit la prépondérance et la grande prospérité dont elle jouit depuis quelques années^ Cette prospérité colos^ sale et fort au-^dessus des moyens appa-- rents que la nature semblait aç^oir ac- cordés à la Grande-Bretagne^ atteste miÂiK fe \ négligence ei V apathie des ^mdsi États d^ VEuix>pe,\qui ont mu çt p^Kmis^ iwec vr» égàÉ^indiffétence les

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ftis^pahies<fsmeMs^itxipides JdersiiA)^^ dans rindmsiipi»\ -~ - i-^^ ^ ••' '' ^"^^^'\

A qui pourrais-je mieux dédier mon Ouprage , Mo:^^^l(i^WiK^:quA,j^us , qui joignez au goût de tous les açts^^^^t^ connaissances profondes qui vous ont^ en toutes circonstances ^ mérité V estime du plu^ pui^^nt ]^!jç^^ ifEwppe,

duërand'^J^OtM

Si fêtais a^sez heureux ^ Monsei- gneur 5 pour obtenir votre approba* tion ^ et si vous pensiez que la publica^ tien de cet Ouç^rage pût être de quel* quutilité aux progrès de Vindustrie française ^ et contribuer à la prospérité de V Empire^ je serais dédommagé de rne^^veillçs^g^p^ ^i^ç^^Xi^^que je me suis donnégsi^fjf^ ^fip^q^f^'Ht les ate-- liers des différentes propinces de Vlndè, V^V^ù' P^^T^MS^pfcSti^es manufactu- rières du peuple chez lequel presque $outs les genres d'industrie sont portés.

depwM une loTigue 4érie de siècles -, au plus haut degré de perfection.

Jai r honneur dette wec Un profond

respect;

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DB Vôtiûs AlIOSSSfi SSRiiriSSIME ,

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AVANT-PROPOS.

JLj'ouvrage que j'offre au public m'a paru tendre à un but d'un intérêt géné- ral , puisqu'il ne doit pas moins occuper les Nations qui ont des rapports immé- diats avec l'Inde que celles qui ne font qu'indirectement le commerce de ce pays.

On sera peut-être surpris de voir un militaire tracer le Tableau du conunerce^ lui qui, par état, ne peut faire aucune transaction de ce genre. Mais le public reviendra bientôt de son étonnement lorsqu'il saura que cet officier du génie , dont les idées s étaient d'abord arrêtées sur des objets différents de ceux qu'il traite ici , a été chargé , pendant plusieurs an- nées , de missions diplomatiques auprès des plus puissants prmces de l'Inde ; et

Sue, par esprit d'observation et par le ésir ae s'instruire , il a rapporté de ces missions tous les renseimements qu'il a été à portée de recueillir sur les lieux mêmes , concernant les productions du sol et celles de l'industrie des peuples, leur commerce extérieur ou intérieur, enfin les arts cultivés par les Tndous. Le Tableau du commerce d'un richd Tome I. a

IJ AVA ir T-P R O P O s.

pays tel que rindoiistan (i) ne saurait être que très-utile. Il manquait â l'Eu- rope 5 et cette considération m'a décidé à le pubKer.

J'avais le projet de le livrer à l'impres- sion peu après mon retour de Tliide; mais ^ 'en ai été sans cesse détourné par les événements qui se sont succédés de-

Suis mon arrivée en Europe , sur la fia e 1788, et particulièrement par ceux des années suivantes. On vit en eftet la

tuante, changer tout-â-coup de nature et direction , et concentrer tellement l'attention de tous le IWiçais dans le cercle fécond de sa m^arche intérieure et des opéraitions de la guerre , qu'il sem- blait impossible qu'im ouvrage absolu- ment étranger au mouvement insurrec- tionnel qui agitait à cette époque etla^ Eraftc^ et même toute l'Europe , pût es-

rer de paraitrô avec quelgue succès.

epuis loi^s 5 le cours rapide ae nos cam- pagnes, de nos triomphes 5 ne permet- tait gu^es ni aux Français ni aux nations^^ étrangères de porter leurs regards sur les

(i) Si Dous s^vioufi loru^iapiiie iodieu^e, il ia,iiarait écrire Hindou^stan ; mais je me conforme à* l'usage d^ la langue française , dans laijaclle on écrit ce mot sans h.

AVAKT-PROPOS. li|

régions fertiles et industrieuses du superbe climat de Flndoustan : distrait moi-même par mes fonctions , il ne m'aurait pas été -possible de donner mes soins à la publi- cation de cef ouvrage. . Plus libre aujourd'hui de m'en occu- per , j'aurais pu hésiter encore , si je n'avais considéré que l'état précaire et incertain qu'ojffirent actuellement toutes les relations aVec l'Inde ; mais la sagesse du gouvemeïnent nous fait croire qu'il ne tardera pas à mettre un terme aux prétentions toujours croissantes d'une nation rivale , qu'il profitera , ^par des mesures habile^ , de ses triomphes anté- rieurs et de ceux qu'il peut encore se pro- mettre pour obtenir une paix durafcle , qu'alors il portera son attention à fermer les plaies cle l'Etat , et tournera ses vues spécialement sur la nature de ses liaisons de commerce dansl'Indoustan , et sur les moyens de rendre à la nation et aux citoyens français la cmisidération dont ils ont joui dans ce pays avant la désaistreuse

f;uerre de sept ans. ï>ès-lors j'ai cru qu'il tait convenable d^éveilïer l'attention pu- blique sur l'Inde , et de rappeler à la France Je souvenir de ses anciejines pros- pérités. Le rang que devra prendre notra commerce à la paix générale , est encore

a 2

iv AVANT-PROPOS.

assez beau pour que dès ce moment l'es- prit public ne soit pas indiffèrent sur un ouvrage (jui développe les principes , et qui contient les éléments des échanges lucratifs que Ton peut faire tant avec Vin- doustan qu'avec les pays voisins.

Envoyé dans l'Inde en qualité d'ingé- nieur militaire, pour aider M. Déclaison, directeur des fortifications nouvelles que l'on se proposait d'élever à Pondichéry , l'y arrivai en mai 1769. Cette ville, je suis , n'était plus ce qu'elle avait été lorsque j'en partis pour venir en Eu- rope y recevoir l'instruction que l'on se {)roposait de me donner. Parvenue, sous e gouvernement de Dupleix, au faîte de l'opulence , elle était devenue un re-

Ï)aire de reptiles et de bêtes fauves. Il allait la reconstruire de nouveau. Les

Lgél

Ces travaux se poursuivirent , sous le sa- vant directeur que je viens de nommer , avec la plus grande activité jusqu'en 1771 , et déjà cette colonie était hors d insulte , et même à l'abri d'une attaque imprévue. A cette époque le gouverne- ment ayant jugé utde de révoquer le Îrivilége accoraé à la Compagnie des ndes , pour laisser ce commerce libre ,

jr VA N T-P R O P O s. V

cette Compacte , qui n était plus , cessa d envoyer dçh fonds , et les fortifications furent Randonnées. Je ne me permet- trai aucune réflexion sur la suppression du privilège de la Compagnie , une foule de laits ont parlé sur cet ordre de choses; et ces données sont connues de toutes les personnes qui sont aujourd'hui à la tête du gouvernement. Je profitai de Tinac-

teUigence m'était indispensable , soit pour voyager dans ce pays , si les circonstances me mettaient jamais à portée de satis-;^ faire mes désirs, soit pour m'instriiirè dans les ^sciences , les arts et la littétaïuré des Indous , sur lesquels nous- n'àvioéÈs que des idées vagues, mexactes oiiTaiiisses. Il est d'usage et même nécessîaHie que les chefs des nations ou gouvettieti4*f',gé^ néraux des établissements européens en- tretiennent avec les princes dës^ relàticttià politiques et commerciales. Ils leiïrs^ en- voient à cet efièt des agents dipldma-

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(i) On parle dix-neuf kn^raes dans ITndoustan 5 .neuf d*entre elles seulement ont des caractères d'alpbabet par- ticolh&rs. Ces idiomes n'ont point de rapport entre eux» On ne peut voyager avec succès sans avoir appris cîdc[ à six de ces langues.

Vj A VA N T-P R O P OS.

tiques , nommés vakiles- dans toutes les langues du pays , même dans la langue persanne, qui ^X. exclusivement la langue çies princes Mogols et de leurs cours.

Avant que les Anglais eussent acquis dans rinde ce degré de puissance, dont ils jetèrent les bases en 1 760 ^ et ils ètaj^ept parvenus dés 1770 , sans avoir ces^ depuis cette époque de prendre chaque, année de nouveaux accroisse- ments , on ne choisissait ordinairement ces vakiles que dans la caste des Brames. !i^^is depuis que la Grande-Bretagne a y^fL^ croître de toutes parts , avec s%^ posr sessions 5; son crédit et sa prépondérance, kfi Ql?i,efs anglais emploient de préférence > pc;xur. ces missions, des Européens, au- î^paiî raison de poUtique que pour faire la forij^ne de leurs compatriotes qui s'at- taqîiejRaient à apprendre et à cultiver les i^daaes 4e rinde*

^-^ avais obtçnu Testime et la confiance jdçrM^ £^w de Lauristpn, alors gouver- neur, :général de Pondichérj ; il me pro- pos^ ^ en 1773, denje rendre chez le nabab, du Maissour.^ . le fameux Heder- Ali-Kan , ami zélé de la France , et qui était mi des plus puissans souverains de rinde* Des vues d'une sa^e politique avaient porté ce général à smvre Texem-

AVA N T*Pa O P O s. vi]

pie des Anglais , en faisant résider, comme ^lix, un français auprès d'un prince qui pouvait seconder si puissamment nos ef- ibrts dans Tlnde , si le projet de M. de Gboiseul n eût avorté ; ou du moins y soutenir et protéger nos établissements^ quelque fut le système du gouvernement; et dans tout étnt de choses. Le ch^ge- ment du tninistère français ayant boule*- versé ce que les heureuses concéptiŒis dfe M. de Chdiseul avaient préparé pour la prospérité de la Fran6e,Hedei>-iyjHKail^ ^ xjui nous a reùdu des services inappré*- çiables jusqu'à sa mort, me retmt auprès <Je tsa personne ^ autant par Festime par- ticulière dont ce çarince m'honotaif que pour me faire servir à ses proj(e6 de con^ •quêtes , et tirer parti de quelquies tal^its <lans Tartmilifaire qu'il reconnut en moi. Ce nabab m'emj^oy a à différenteisi cons^ tructions civiles; et militaires > et il me chargea de phasieiirs misions diplotna^* tiques, jusqu'en 1777 , que je résidai idails sa cour. Ces missions que j'exerçai tarit auprès dés soubas et des nababs de la presqu'île que de ceux de la partte pt^îirtonale de l'Iildoiistari , que nous îsifflions sous le hom d'eiàpire Mogol, m'ooiraient encore plus de moyens d'être utile à la France que de satisfaire i'am-

Vllj AVANT-PROPOS.

hition de Heder. C'est dans le cours de ces voyages et de mes résidences que je m'instruisais 9 que je faisais des obser- vations, et que je discutais avec les prin- cipaux agents des princes et des souve- ramschez lesquels je me trouvais, les bases de leurs systèmes politiques et de leurs intérêts particuliers et généraux. Ces mêmes relations me donnèrent aussi la facilité de connaître et d'entretenir les plus habiles négociants attachés à la cour de. ces princes ou répandus dans les pays ^e je visitais. J'ai puisé dans leur so- ciété les notions les plus intéressantes sur ■le riche commerce tant de l'intérieur que jde l'extérieur de ce vaste et industrieux pays. C'est ainsi que j'ai pu recueillir une foule de notes aussi exactes que neuves pour la plupart des Européens , sur la politique, les arts, les productions, la religion et l'histoire des Indous , et me mettre à même d oJBTrir un jour à mes compatriotes le résultat des recherches que peu de personnes, j'ose le dire, avaient eu avant moi la facilité de faire. J'oubliais , en m'instniisant , les mal- heurs que j'avais éprouvés, bien jeune encore, ou plutôt pendant ma plus tendre enfance , et ceux qui avaient presque to- talement ruiné ma famille et tous les

A VA N T-P R O P O S. ÎX

Français qui s'étaient éloi^és de la mère patrie poijr venir servir leur pays dans les comptoirs de l'Inde. Je leur composais dans l'avenir , ainsi qu'à la ïrance , peut-être un peu chiméri- quement , le sort le plus neureux ; et comme la prospérité publique se liait constamment dans nion esprit à mes idées économiques et commerciales , par le

Elaisir que m'a toujours fait éprouver le onheur des autres ^ je rapportais sans cesse toutes mes méditations , ainsi que mes faibles travaux^ ::à l'unique but de contribuer à relever la splendeur de ti05 établissements jadis siflorissants^naguères encore, réduits en aut^t de ruines qu'ils formaient de belles cités j- et qui , dépuis leur restauration en xj65 , se trouvaient dans l'état le pliis préé^e. Cet état , avilissant' pour la nation -^ humiliant et désastreux pour les individus , qui; avaient faitî t^int d'eJBforts pqur relever feurs habi- tations 5 sans cesse pEéserit à mes yeux > s'était aussi emparé de toute ma pensée, et j'aurais cru trahir la chose publique en perdant un instant de yMe le dessein ou Fespérance d'y remédier.

Mais combien mon imagination s'éga- rait dans les rêves de mon cœur l Ce fut alors que nos comptoirs cessèrent de^or-

Xij AVANT-PROPOS.

Français en ont une encore plus grande, que seulement nous ne savons pas aussi bien que lui apprécier les avantages "des échanges , et la puissance qu'ils donnent à la nation qui sait les encourager. Je lui rendrai la justice de dire que chez lui le commerce est une profession ho- norable 5 et que les négociants y sont réel- lement les colonnes de l'Etat : si ces insu- laires n'ont pas d'idées plus justes que nous 5 ils en ont de mieux suivies ; ils sont plus entieprenants 5 plus constants que nous, et plus protégés parleur gouverne- ment. Celui-ci atout fait et fait encore tout pour le commerce national : tandis que jus- qu'ici, en France 5 on a paru méconnaître le premier principe du commerce et de l'industrie 5 savoir que pour récolter il faut avoir semé ; aussi n'a-t-on rien fait pour obtenir d'abondantes moissons; ce sont cependant ces secours dont le commerce a peut-être plus besoin encore que l'agri- culture pour prospérer. L'amour-propre ne m'aveugle point, je n'ai aucune pré- vention; j'ose le dire, il est certain que le sort du commerce de la France et de l'Angleterre tient uniquement à la diffé- rence de leur système conmiercial. De^ puis la UKKt de Colbert ce système flotte au gré des plus frivoles intérêts : jious

AVA N T-P R O P O S. Xllî

n'avons jamais su nous tendions ; et Necker, qui s'imaginait être un aigle eii finances 5 et connaître le commerce de rinde 5 lui a fait faire plus de fausses com- binaisons que le célèbre ministre de Louis XIv ne lui avait fait de bien par ses heureuses conceptions. Rappelons que ce fut sous l'administration ae ce grand homme que le commerce national se dé- veloppa 5 et prit un tel essor en peu de temps 5 que l'Europe en fut étonnée : c'est à lui que l'on doit également la créa- tion de notre Compagnie des Indes, dont les succès , sous Law , surpassèrent tout ce que l'imagination pouvait concevoir de plus heureux : six; cent mille Français jouissaient , sous les ailes de cette même Compagnie 5 ou de l'opulence ou d'une aisance agréable. Cesont-là de bien tristes

de rindoustan ne les a pas sans cesse sous les yeux? Il n'est plus possible de les dis- simuler ni aux uns ni aux autres.

Lorsque nous aurons fixé nos idées, et que nous aurons un système commer- cial sage , énergique et bien lié à nptre système politique , alors la France ne craindra plus la concurrence d'aucune de

Xiv A VA N T-P R O P O S.

ses rivales. Alors la Grande-Bretagne, dont la puissance est sans bornes aux In- des, viendra elle-même partager avec nous, et même avec les autres nations ma- ritimes de notre continent , les avantages du cœnmerce de cette partie du monde : ainsi le veulent ses intérêts et ceux de rindoustan.

Je le répète, et ce n'est pas parce que je suis français que je le dis, ae toutes les nations qui ont desrelations de conmierce avec rinde, il n'en est aucune qui ait con- nu et qui connaisse encore les marchan- dises de ce pays aussi bien que les em- ployés de notre ancienne Compagnie , ou les descendants de quelques-uns d'entre eux qui ont survécu aux malheurs dont ils n ont cessé d'être les victimes. Dans cet état de choses il n'y a pas de doute que nous ne dussicais plus sûrement réussir dans le commerce avec FIndoustan que les Hollandais, quoique ceux-ci nous aient précédés de plusieurs années ; mieux que les Anglais , malgré leur prépondé- rance dans tout ce pays , dont les plus in- dustrieuses provinces ont été soumises à leurs lois; et plus heureusement que les Danois , parce que dans tous les temps les agens de cette puissance , qui n'est

A VA îf T-F». 0 ]^ O d. XV

point rivalisée ainsi que nous le soimnes^ QMit le oommerce est tarès-bomé , aiment mieux acheter des» Anglais le très-péf it nombre de cargaisons qu'ils emroyetït chercha dans Fbide par leurs n»nre? , que de les &ire fabriquf^ dans l^ mêr^ nufactures de Tlndoustan.

Que de raisons pour créer un bon sys- tème commercial ! Alors nous n'aurons plus besoin de recourir à Fart meurtrier des combats pour soutenir notre com- merce. Au lieu de faire la guerre avec nos boulets, nous la ferons plus avantageu- sement avec les objets de notre industrie, avec les produits excellents et très-variés de notre sol , objets non moins recher- chés par les habitants colons ou natu- rels de rinde que par tous les autres peuples dans les différentes régions de la terre.

Ayons donc le courage de vouloir ce qui nous est si utile sous tant de rapports, et couronnons le superbe monument du code civil que le gouvernement vi^nt de donner , par un bon et solide système de commerce , lié et sagement coftibiné avec notre système politique. C'est le vœu le plus cher que je ferai comme citoyen français et comme homme ; c'est

XV) AVANT-PROPOS.

le nœud le plus fort et en même temps le plus doux qui puisse rattacher les for- tunes particulières à la prospérité géné- rale ; c'est enfin le grand moyen de faire reposer tous les intérêts particuliers suc la base de la tranquillité publique.

DISCOURS

DISCOURS PRÉLIMINAERE,

JDepuis* trois siècles les nations les plus célè- bres,'lés pltLÎ ëclairées et les/ j^luis indùstlkfléasè^ de rÉUrope, entretiennent dëVrélatîdtk^com- merciales avec rhidortstaiï-)~'Satts-- qn^aucunc d'elles ait Picore donné le, tableau du com- merce de cet opulent et superbe pays^ des diverses espèces de marchaii dises qu'on y trou- ve, du lieu de leur fabrique » et de la maaièire d'en stipuler l'acquisitioù^ Raytial s'eâ^ borm à de simples indication$ qui ne sont pas ménie des éléments ; et son Histcâre Pbilosop}]^qu^ j$ Politique , célèbre à tant' d'égai'ds , n'o£ft^ rien f^ui puisjse in$,t ri;iire les inarcbands de rJEuropé et ceux qui fréquentent les: différents marcji^çi de l^Inde. Ces connaissances cependant .4oi|^ indispensables pour le sûccps des spécùlâfûdttt diverses. auxqii^Ues on peut s'y livrer.. . ....'.

Avant queVasco de Gama, en retrouvaBt la route du Cap de Bonne -EépéfancèV ôûVïit de nouvelles communications avep .If^s J})^^ maritimes de det antique empire, cdlea.idf Surate , à l'ocddent , de Bénarès , àvL ié^m^ trioi^, et de Daca , au leya^nt , eta^ient depujls uiù^

ti^èsJqng«ie: période de. siècles^ Jes priaciIA^u. * Tome A i

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marchés du riche commerce que le pays fai- sait avec les peuples de TAsie , de l'Afrique et de TEurope. C'est dans ces villes qu^ les habi* tants^^i^s autres climats venaient appprter aux iudu^çux Indoûs leurs tributs voloiitaires (i).

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'fi) Outre ces cités , dont la haole nntiqnll^é est recon* i^èy quelques autres villes , jsilaëes sur la côte, occiden- tale » fiirént «fréquentées des Egyptiens , des Terriens et des Romains, et étaient lés entrepôts du comtnercè, <Jni kiâtait lés deux routes de la mer Ronge et du Golfe per- siqv^** 9'^{>rès le témoignée de Pline el^de Ptolémée^ ces villes étaient 'l'yndis , Muzîrîs , Barace Becare ^ se transportait le poivre de Cottonara , de Melcynda oii •ïféléjrddà. Quoiqu'il' 'sbk difiicile , pour ne pas dire im- |KMi^é V de déterminé^ ^i^^ment aujourd'hui la position de ces cilles, plusieurs particularités doivent faire con- jecturer qu* elles se trouvaient sur la c'âfé entre Ooa et TeUicttèry; En effet,- le^ navigateurs , avant d*arnver à ^«Iq^'un de ces ports , avaient à redouter dés pirateii qui occupaient un port plus septentrional , appelé Nitria par Fhne; mdis au nord de 6-oa est aujourd'hui 19'ewtya , dont le nbm offre quelque rapprochement avec eelui At Kitna^ cstioes parias .sojik encore et semblent avoir é^lé , 4è^,^f temps les plus recip^iés, un repaire de pirates : la cote même en a pris le nom. On peut que recon* Isdlérë daiis W Cottonara de Pline , renommée jpour son 'yAvtàfi le beau pays de Cauàra , qui produit encore \9 nLeiUeur de cetfe contrée. Le commence, de cette denrée a lied, par le por( de Barcelore , dont le nom offre peut- ittë ^èiqûés tresttges de l'ancienne Barace. 'Au nord dtf BlMM^^t à des diifances respectivement; légales de

p R é L I m:( I N A. I . R £. 3l

Miabà^répoque IçS; s^çtateiu*s faroû^ tiuL Q^odterpç. légi^lat;eur ck l'Arabie , pousses par le double £ai^atisioe d^ U religioi^ et des congu^te^y s'approchèrent de ces fertiles et opuleates contrées pour y faire des prosélites. à la doctrine de M^Uiomei^, ces missionnaires de rislamisme , dont le but n'était d'abord que de convertir et de piller les peupfes^ cnan-

-gèrent bientôt d'intention à l'aspect dès riches-^ ses que l'industrieux et paisible Indou çtalait \

leurs regards. Ces bommes féroces furent sam

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doute adoucis par la beauté d'un climat tel'

que celui des Indous > qui tous adonnés aux:

arts et au CQmm.erce , et méprisant souTçrai^

nement et le soldat e( son art mercenaire, pour

me servir de leurs idées 9 offraient à ces^ran^

gers le spectacle d'une religion qui commande

le travail 9 L'industrie et la paix, et qtii, con-- sacrée par le respect de tous les siècles , presque

aussi ancienne qviç le mqiide , avait gravé d'une

maniè^ç ineffaçable ses préceptes et sa^ moralç^

5oo stades chacune , étaient Mu2irîs Qt Tyndîs. Ces don« nées conviennent aux places actuelles de Meerzaw', qui rappelé Mtuûris , çt de Goa ; c'était en descendant' ters \& sud qu'on arrivait à Nelcvdd^*, que cette setileioduçtion pourrait faire soupçonner être aujourd'hui Nehliaram,

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4 B I se O XT K s

dan.vles icœurs de tout Un peuplé à' qui le moindre de ses dogmes de ses rites reli- gieux était plus ch^ que la vie.

A cette époque on vit Calicute et Cambaye , la première située vers le milieu de la côte de MalâBar , la . seconde au haut du petit golfe auquel cette ville a donné son nom, prendre quelqu^accrpissement par l'habitude qu^avaient les marchands de la Perse et de F Arabie, de

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sV rendre en venant de Mascate e% de Moka ,

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d'Ormus et de Gombron.

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La: ^situation- de ces deux villes était très- florissiante lorsque les Portugais » dirigés par le génie, de leur: prince, et conduits par le cçlèbre Vasco , osèrent se frayer une. route sur rOeéan par le Çap de Bonne-Espérance ^ ppur se rendre dans les beUes contré^ de rin^- doustan;:

Cet événement produisit , comme ledit Ray- jtal i une étonnante révolution sur les mœurs » le caractère et l'industrie des peuples de l'Eu- rope; il augmenta la richesse, la puissance de quelques-uns; il fit naître le goût de l'indus- trie et des spéculations chez presque tous : beaucoup plus que les croisades , il contribua

PRISLI MIN AIRE. 5

à policer les Européens, à donner l'essor à .leur imagination vers lés sciences, à perfec- tionner les arts, à en ^ établir chez «ux qui étaient jusqu'alors ignorés; Dès-lors les puis- sances maritimes de TEuropé sentirent tout le prix d-es échanges et l'avantage de leur position géographique , et chaque nation voulant pro- fiter de l'heureuse découverte que venaient de faire les descendants de Lusus, et partager avec eux les. trésors de l'Indoustan , s'empressa d'y envoyer successivement des vaîsseauii , . et d'y former des comptoirs et des établisse- ments de commerce qui . devaient favoriser les échanges. ; .

Alors Surate et Daca, Gambaye et Calicu|:e

se virent forcées de paHager la splendeur coiu-

merciale dont elles jouissaient depuis tant de

siècles, et céder enfin leurs marchés aux

. nouvelles villes de Go^v Cochin , Négapatnam

. et Bandel ; de Bombay , Madras et Calcutta;

. de Pondichéry , Kjarickàl et Chandernagdr.

, Ces établissements formés par les Portugais ,

les Hollandais, les Anglais. et les Français, ainsi

que Trînquebar et Sirampo4jir , par les danois ,

Coblentz et Bernàgôï^ , par les Impériaux , sont

situa sur les côtes tant orjçntale qu'ôôpidentale

D i 8 c o tr r's

delà presqu'île deflnde ou sur les rives dti

Gange dont les bouchés reçoivent leurs navires*

La ville de Bëhàrès , nommée encore Cachi^

•à seule conservé ses fameuses foires! pendant lesquelles se fait la vente' des pierreries que rôn exploite dans les mines de Panarde Gol- conde et de Madegarî » les plus riches de tout rindoustan»

Ainsi la route du Cap , toujours jplus connue

. et plus fréquentée y en offrant un nouveau dé-

« bouché aux productions de Tlnde, dessécha les anciens canaux par lesquels elles avaient

: coutume de s'écouler , et Ton vit décliner Tîm- mense commerce qui , depuis Alexandre et les Ptolémées , s'était constamment dirigé par l'Arabie et la Perse. De cette vaste et riche circulation , il n'est resté pour ainsi dire qu'un faible ruisseau toujours suivi parles Armé- niens qui sont encore les intermédiaires des expéditions faites par les caravanes pour la Turquie , le Levant et toutes les contrées de l'Orient. Cette décadence dut être le résultat nécessaire des accroissements rapides que prit le commerce européen par la voie de la mer qui présiente plus facilité , moins de risques et de dépenses; et Ces peuples qui avaient

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plantés par les commerçants de$f^j;S|i;i^^iB|fy de l'Europe.

Avant de tracer le tableau du commerce de rindoustan , je dois faire connaître la to- pographie de ce magnifique pays. Je vais es- sayer de Tesquisser rapidement.

Nos relations .s.oi;it très -suivies avec cette belle partie de F Asie , et nous la connaissons à peine. Nous avons accru notre commerce , imité presque toutes les espèces de marchan- dises que Ton y fabrique. Des végétaux pré- cieux, tels que la canne â sucre et l'anil (i) , naturels à ce pays , ont été apportés dans nos colonies des Antilles ; ils les ont enrichies , ont augmenté nos jouissances , et qous ne connais- sons qu'imparfaitement encore les contrées indiennes la nature les avait placés; nous ignorons les méthodes que suivent les Indous, soit pour leur culture , soit pour l'extraction des substances nécessaires à la vie de l'homme» ou utiles aux arts. Je vais tenter de remplir cette lacune, et j'espère être soutenu dans cette

m I I

(i) C'est le nom de la plante dont on extrait l'indigo.

8 DISCOURS PRELIMINAIRE.

entreprise, sinon par mes propres forces ^ du moins par l'intérêt de la matière et la nouTcauté des recherches*

TABLEAU

DU COMMERCE.

DE L'INDOUSTAN.

TABLEAU HISTORIQUE.

Il suf&t de jeter ses regards sur les différentes régions du globe pour se convaincre qu'il n'en est aucune plus propre à réunir les avan- tages de la civilisation et tous les moyens de rendre heureux ses habitans , que le superbe pays que nous nommons V Indoustan. Placé sous un ciel doux et serein , échauffé toute Tannée par les rayons féconds et bienfaisants du soleil (i) qui , pour me servir de l'expres- sion des Indous , est le père de la végétation , de la santé et des plaisirs , et qui fait sentir son heureuse influence même dans ses provinces les plus septentrionales , cet antique et vaste empire jouit constamment , et presque sans in- terruption , des jours les plus brillants , aux-

' (i] En indon sourien. On le yénère comme l'image delà DÎTinlté , idéehenrease, naturelle , et qui se trouTe dans toutes les Mythologies. H est faux ^e les Indous l'adorent , conunel* disent les Missioiùiaires*

10 TABLE A ir

quels succèdent de non moins belles nuits ; car il en est peu qui ne soient assez éclairées par les feum émanés'des étoiles , pour permet- tre de distinguer tous les objets à plus de cent

pas-

*Le phénomène des moussons ( i ) » inconnu dans les autres régions , amène , à des époques r^iilièrement fixes , des -pbries périodiques ,, qui fertilisent les terres de toutes les parties de ce pays. On y voit répandues de toutes parts les merveiDes de la nature , celles de l'industrie liumàine , et^ les- monuments les plus hardis et les. ][>lus anciens du mcmde élevés pai* les mains des Indous ipeupleque Ton- peut appeler Vedné <de la grande famille du genre humain ; ^së&xi , il réunit les productions» les plus propres à satisfaire à-la-fois les désirs réels que la nature à donnés à l'homme , et ceux non -moins vîfs^ •mais plus factices que le hixe et les aits lui ont créés. C'est dans les mines de' Golcoride et de Pana que l'on trouve les plus beaux ^dia-^ mants fet les pierreries les plus estimées.^ Le dé- troit de Manare 9 situé entre la péninsule et

(i) On nomme aiiui les vents périodiques qui soiifilent tantôt de la -partie danord , depuis «ctobre jusqu'en imaMj'et tantôt de celle du midi , depuis avril jusqu'au moi» de novembre. Alternativement ces vents rassemblent et poussent les nuages- du septentrion au midi , et da midi au septentrion ;< de sorte que la >pluie s'étend pendant six .mois ,daa8 les. .provinces Qoci- dentales et septentrionales ; et que lea Jiaages , chassés .ensuite par les vents de nord, fondent sur celle» de FcNfient et du midk

H I fl -T O R I Q U E. II

Vue de Céyrab', ^prbdiiît lesipèrles les plus re- cherchées et le8> plus* belles ' lie ' Tunî vers , et lès coquillages les pltls cuHeiïx (i) les' jilUs rares. Le' cocotier, végétal si ' utile ,' et qui seul 'pourrait suffire ^ tbtis' les besoins de l'hotome ,

* côibiiier ^ dbiitle duvet stty eux , perfectionné ■par' lés ittains iïrême de ' la nature , couvre et FhÀbitànt de la zône Tôm'de et celui de toutes

les autres zîAttes , èotit indigènes dans ce pays. Uiûdîgo et la doèhenîïle delà province d*Agra,

^'articles précièiix /nécessaires atix atts , si avan- tageux au cdiiîritterce du monde Cùder ,' sont

^ èupërièù^s à ceux que prôduiseùt tous lesau- ttè^ pays. Les laines du Cachemire seules péu- Tèût sei'vir à la ^fabrication de ces tissus atdmi- i^ablès par * leur ^ûefôe et par' leur * légèreté.

* Eûfi!n toritës les espèces d'animàtux quadrupè- des et oiseaux v-Jjrîvés féroces ,' y sont plus

'beaux , parés 'de rèfbes plus" rifches, ou ornés ' 'dé plumages ntianëés de couleurs plus vives que ceux^es âutrts cdntînëiïts.

Après avoir examiné les. productions -^e la nature , si je porte mes regards sur celles de rindustrie, je trouve que les. gazes tissues en

(i) Les coquBUgeir'ae TontîCerin , tiourg situé sur la côte de la Pêcherie , ont toiiîtmrs joui de la priorité dans les cabinets ' des curieux. 7'ai eu en mi possession une couleuvre pétrifiée ou en forme de pétrification , que l'on avait pêchée dans ce lieu. Cette pièce était si' belle , ' que Vamifal Hu^es ib'ien offrit tel prix que je youdraia -y sêttre.

12 TÀBLEATT

lames d'or et d'argent, nommées goulbarû^qne les mousselines de Daca (i), les schalls de Cachemire , les toiles peintes en couleurs , celles à fleurs d'or et d'argent , les perkales